Témoigner

Afin de rendre hommage aux anciens maires qui ont construit la ville et de souligner la continuité de la fonction, plusieurs communes ont choisi de constituer une galerie photographique des maires.

C'est le cas notamment Ă  PĂ©renchies en 1953. Les Ă©diles de l’époque, ainsi que le secrĂ©taire de mairie, envoient des demandes de photographies aux familles des anciens maires de la commune. Dans le dossier d’affaires se trouve une enveloppe vierge contenant un portrait sans note. L’identitĂ© du maire nous est donc inconnue, mais le dos de la photographie nous apprend qu’elle a Ă©tĂ© prise par Armand Bury. Celui-ci s’est installĂ© rue de BĂ©thune Ă  Lille Ă  partir de 1861 et y a exercĂ© jusqu’en 1881. Deux maires se succèdent durant cette pĂ©riode : Auguste Pollet, maire entre 1861 et 1870, puis 1874 et 1881, et Louis Desprez entre 1871 et 1874. Auguste Pollet est un homme de 50 ans en 1861, tandis que Louis Desprez a 37 ans au moment de son Ă©lection. Il semble donc plus vraisemblable que ce portrait soit celui d’Auguste Pollet, mais nous n’en avons pas de certitude.

Le portrait de Delphin Bailly a été retrouvé aux archives de Saint-André-lez-Lille. C’est une photographie retouchée au crayon, datant des années 1930. Delphin Bailly, cultivateur tenant une grande ferme chemin de Messines, est devenu maire en 1925 et l’est resté jusqu’à son décès en décembre 1936. Il est possible que ce portrait soit entré dans les fonds à cette période.

Le portrait de René Werquin, maire de Verlinghem entre 1947 et 1971, a été incorporé au fonds de la commune dans l’optique de réaliser un portrait hommage pour l’entrée du stade qui porte son nom.

Les jumelages entre communes sont une forme de coopĂ©ration faite d’échanges culturels, de partenariats associatifs et scolaires. L’idĂ©e de ces rapprochements naĂ®t dans les cendres de la Seconde Guerre mondiale : l’Europe est dĂ©vastĂ©e, la France et l'Allemagne prennent conscience qu’il faut une paix et une coopĂ©ration durables pour la reconstruire.

Lambersart a signé une convention de jumelage en 1970, après 6 ans de contacts et d’échanges réguliers avec Viersen. La visite de la délégation allemande les 19 et 20 mai 1973 est l’occasion d’immortaliser cette amitié. Sur l’un des clichés, le maire de Viersen remet une distinction au maire sortant Jules Maillot pour le remercier du travail réalisé pour le jumelage entre leurs communes.
Ă€ noter que Jules Maillot est un cousin d’une figure majeure de notre histoire politique. Savez-vous de qui il s'agit ?

À Verlinghem, une série de photographies témoignent d’un autre type de coopération internationale. Il s’agit de la restitution d’un drapeau des jeunes de l’Union nationale des combattants, dont la section a été fondée au lendemain de la Première Guerre mondiale. L’objet, disparu lors de l’offensive allemande de mai 1940, a été retrouvé par une expatriée française en Angleterre chez l’un de ses proches, M. Wood. Ce dernier l’avait emporté lors de l'évacuation de Dunkerque. L'événement fera la Une de plusieurs journaux. La photographie montre le député-maire de Verlinghem, Jacques Houssin, reçu Outre-Manche afin de récupérer le précieux drapeau.

Ă€ la fin du XIXe siècle, les sociĂ©tĂ©s, ancĂŞtres des associations, se multiplient. On retrouve des sociĂ©tĂ©s musicales, de jeux, colombophiles...

L’harmonie municipale de Wambrechies pose à l’occasion de la Sainte-Cécile, en 1950. Célébrée le 22 novembre, Sainte-Cécile est la patronne des musiciens. C’est un rendez-vous annuel incontournable pour les orchestres d’harmonie, les fanfares et les chorales, durant lequel sont organisés de grands concerts, des défilés, des banquets, des bals, ainsi que des remises de diplômes et de médailles. La tradition de la photographie de groupe à la Sainte-Cécile s'inscrit donc au cœur de la mémoire associative et populaire des communes françaises. C’est l’occasion de se mettre en scène, d’afficher sa cohésion, d’inscrire ce temps fort de la vie associative dans les mémoires. Le groupe pose solennellement avec bannière, uniformes et instruments de musique au premier plan. L’obtention de prix lors de concours de musique est également propice au portrait de groupe.

À l’instar des associations musicales, les comités des fêtes sont profondément liés à l'essor des traditions locales, des fêtes patronales et de la laïcisation progressive de l'animation des communes à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle. Une magnifique photographie conservée à Saint-André-lez-Lille nous montre celui du quartier du centre, posant fièrement devant le cabaret du Ratintout, sis 77 rue du Général Leclerc, le 24 avril 1927.

La photographie de classe est un sujet qui apparaît relativement tôt. Dès 1860, des écoles parisiennes prestigieuses immortalisent leurs élèves au sein de leurs locaux afin d’attirer de nouvelles recrues. Le gouvernement de la IIIe République encourage également cette pratique, dans le but de promouvoir les bienfaits de l’école obligatoire, laïque et gratuite. Les photographies ne sont alors pas remises aux élèves mais utilisées à des fins de propagande.

La période 1900-1940 voit un développement important de la photographie scolaire, d'abord dans les établissements riches et réputés, puis dans toutes les écoles.

Les premières photographies conservées dans nos communes datent des années 1920.
À Quesnoy-sur-Deûle, deux groupes d’enfants posent ainsi dans la cour de l’école privée provisoire de garçons. On note que la classe a lieu dans les baraquements à côté des ruines. Celle-ci est toujours située rue de Warneton entre l’école publique de garçons aujourd’hui Jules Ferry et l’église provisoire devenue la salle Saint-Michel.
La seconde photo nous amène Ă  Bondues. Cependant, il n’y a aucune indication sur le lieu ou l’annĂ©e de la prise de vue. Reconnaissez-vous les lieux ? Dites-le-nous !

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