Célébrer

Ă€ la fin du XIXe siècle, la France connait une baisse de la natalitĂ©. Au lendemain de la guerre de 1870, celle-ci inquiète les hautes sphères du pouvoir, estimant qu’il est nĂ©cessaire pour la patrie de disposer de nombreux jeunes hommes pour prendre une revanche sur l’Allemagne. Des mouvements prĂ´nant la natalitĂ© voient ainsi le jour, telle l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française, créé par Jacques Bertillon, dĂ©mographe et frère du criminologue et anthropologue Alphonse Bertillon. Jacques Bertillon prĂ©conise de crĂ©er une journĂ©e officielle et nationale pour honorer publiquement les pères et mères de familles nombreuses. Quelques cĂ©lĂ©brations locales seront alors organisĂ©es par des associations de familles nombreuses. En 1917, les AmĂ©ricains, venus combattre sur le front, contribuent Ă  dĂ©velopper la cĂ©lĂ©bration du Mother's Day. Dans cette optique l’État crĂ©e la mĂ©daille de la Famille Française en 1920. Cette distinction, accompagnĂ©e de primes et de victuailles, est accordĂ©e aux mères de familles nombreuses. Dès lors, les mères sont cĂ©lĂ©brĂ©es partout.

Ă€ Quesnoy-sur-DeĂ»le, les « vaillantes Françaises repeuplant leur citĂ© dĂ©truite Â» sont prises en photo par un journaliste sur la place de la ville dĂ©truite en 1920.
De son côté, Pérenchies organise des cérémonies officielles pour la fête des mères à partir de 1922.

Le rĂ©gime de Vichy impose ensuite de cĂ©lĂ©brer la fĂŞte des mères. Ă€ cette Ă©poque, la commune de Marquette-lez-Lille commence Ă  organiser une manifestation publique. Petite particularitĂ© : Ă  partir de 1947, les mères ayant eu un nouveau bĂ©bĂ© dans l’annĂ©e Ă©coulĂ©e sont invitĂ©es Ă  une cĂ©rĂ©monie au cours de laquelle une photographie de groupe est prise sur le perron de la mairie. Chaque mère se voit offrir un exemplaire du tirage. Le fonds communal renferme ainsi de nombreuses photographies prises chaque annĂ©e entre 1947 et 1970.

Les célébrations d’anniversaire de mariage remonteraient à l’Allemagne médiévale. Il était alors de coutume de couronner d’argent l’épouse atteignant 25 ans de mariage et d’or celle atteignant 50 ans. L’usage se répand en France dans les cercles bourgeois à partir du XIXe siècle, donnant lieu à des réjouissances privées. Cette tradition se démocratise peu à peu au XXe siècle, et donne lieu à des célébrations publiques organisées par les municipalités laïques.

Dans les communes de l’ALLIANCE Nord-Ouest, la première cĂ©lĂ©bration de noces d’or date de 1925. Marquette-lez-Lille organise alors une grande cĂ©rĂ©monie pour mettre Ă  l’honneur son premier couple de jubilaire. Au programme : rĂ©union au domicile des Ă©poux, cortège dans la ville avec la musique municipale, messe, rĂ©ception en mairie, photographie officielle sur le perron de la mairie et banquet. Chaque anniversaire de mariage donne lieu dans cette commune Ă  la rĂ©alisation d’un portrait du couple et de ses invitĂ©s.

A Quesnoy-sur-Deûle et Lompret, les jubilaires reçoivent la visite des journalistes locaux, preuve que la longévité d’un couple est une chose relativement rare à l’époque. Les coupures de presse sont ensuite soigneusement découpées et conservées dans les fonds communaux.

Aujourd’hui on cĂ©lèbre dans nos communes les noces d’or pour 50 ans de mariage, les noces de diamant pour 60 ans de mariage et les noces de platine, soit 70 ans de mariage !

Les mĂ©dailles d’honneur du travail sont des distinctions honorifiques, rĂ©compensant l’anciennetĂ© des services des travailleurs. Ces mĂ©dailles ont Ă©tĂ© créées en 1886 par dĂ©cret. 4 Ă©chelons de mĂ©dailles sont instaurĂ©s : bronze, argent, vermeil et or. Pour obtenir la mĂ©daille d’or, il fallait alors justifier de 60 ans de service dans le mĂŞme Ă©tablissement ! Aujourd’hui, la mĂ©daille d’or est accessible après 35 ans de travail, et celle d’argent après 20 ans.

Les employeurs constituent les dossiers de demandes de médailles pour leurs employés et les transmettent en mairie. Le dossier est ensuite transmis en préfecture. Le préfet nomme alors les récipiendaires. Il y a deux promotions par an, une le 1er janvier et la seconde le 14 juillet.

Comme pour toutes les remises de médailles honorifiques, les communes fêtent les récipiendaires. Dès 1910, des célébrations sont organisées pour remettre de façon solennelle les médailles du travail. La plupart du temps, une réception en mairie est organisée le 1er mai. Des discours, des remises de récompenses et un vin d’honneur agrémentent les cérémonies. À Marquette-lez-Lille, un cortège se rend même au monument aux morts du travail. Parfois, les entreprises hébergent elles-mêmes les remises de médailles, comme l’entreprise Kuhlmann à Marquette-lez-Lille.

Les médailles du travail restent encore une étape importante dans la carrière des individus.

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