ContrĂ´ler
En 1916, l’administration impose la carte d’identité avec photo pour les étrangers. Avant cette date et depuis 1888, ils avaient obligation de déclarer leur domiciliation dans leur commune de résidence. La demande de carte d’identité d’étrangers, adressée en mairie ou en préfecture, doit être accompagnée de trois photographies de face et sans chapeau. L’un des exemplaires du questionnaire est conservé dans le fichier local des étrangers, l’autre est envoyé à la « Direction de la Sûreté générale ».
Les archives municipales de Pérenchies conservent une importante collection de récépissés de cartes d’identité et de circulation des travailleurs étrangers, portugais, italiens, espagnols ou encore belges, venus notamment rebâtir la commune.
En temps de guerre, le contrôle de la circulation des individus et de leur identité ne touche pas seulement les étrangers. Lors de la Première Guerre mondiale, le commandement allemand de la zone occupée met en place des cartes d’identité avec photographie. En 1939 la France octroie des sauf-conduits pour contrôler les déplacements de ses ressortissants.
Instituée dès 1921 pour les habitants du département de la Seine, la carte d’identité est mal perçue.
« C’est tout de même un peu désobligeant d’être logé à la même enseigne que les pires coquins et d’être obligé d’apposer comme eux ses empreintes digitales sur sa fiche individuelle et sur sa carte (...) », journal La France, 6 septembre 1921.
Le 27 octobre 1941, le gouvernement de Vichy la rend obligatoire pour tous les citoyens âgés de plus de 16 ans. Cette obligation a été levée en 1955. Dès lors, pour justifier son identité, un document officiel avec photographie, tel qu’un passeport, un permis de conduire, une carte d'invalidité ou encore une carte d'abonnement aux transports collectifs, est accepté.
À l’inverse des cartes d’identités visant à identifier les individus à l’intérieur du territoire national, le passeport, dérivé des anciens sauf-conduits et codifié par la loi de mars 1792, a pour but de contrôler les mouvements internationaux. À partir de la Première Guerre mondiale, ces contrôles deviennent permanents aux frontières, l’objectif étant de repérer les espions et les ennemis.
Lors de la Conférence de Paris sur les passeports, les formalités douanières et les billets directs organisée en 1920, la Société des Nations fixe le modèle universel de carnet à 32 pages que l’on connaît aujourd’hui.




