Jean Caloone . Oswald Crespi . Marcel De Rycke . Jacques Picavet . Michel Thomas . Roger Vergin :
les équipiers nationaux de Lambersart
Lambersart est la commune qui a attribué le plus de noms de héros de la Seconde Guerre à ses rues, et ce dès 1944. Ainsi, on peut citer l'avenue Jean Rousseau, les rues Georges Muylaert, Maryse Bastié, René Langlet, Robert Trenson ou encore René Mouchotte, etc.
Parmi ces personnes, cinq d’entre elles ont eu une histoire particulièrement remarquable. Il s’agit de cinq jeunes garçons, âgés entre 17 et 21 ans, qui font partis des équipiers nationaux de Lambersart. Créée par Vichy, cette organisation a pour but la sécurité des populations civiles et la défense passive. La section de Lambersart, fondée en janvier 1944, regroupe rapidement une centaine de jeunes des communes environnantes. Ces membres sont formés au secourisme et aux manœuvres de sauvetage avec les pompiers de Lomme. La section de Lambersart a pour première mission la gestion de l’évacuation de la population civile de Dunkerque, de Cambrai, de Lomme ou encore de Lambersart. Elle aide notamment au sauvetage des femmes et des enfants pris dans les décombres de leurs maisons après les bombardements (notamment à Lomme Délivrance).
En septembre 1944, la section des équipiers nationaux de Lambersart se met d’accord secrètement avec les FFI pour assurer le service de santé, après d’éventuelles échauffourées avec les Allemands. On note d’ailleurs qu’un équipier national, Roger Vergin, a quitté l’organisation pour rejoindre les FFI. Il est blessé lors des combats du 2 septembre 1944 au bois de la Deûle et décède des suites de ses blessures deux ans plus tard.
Le 3 septembre 1944, Jean Calonne, 21 ans, est le chef d’une équipe constituée par Jacques Picavet (20 ans), Oswald Crespi (20 ans), Michel Thomas (19 ans) et Marcel De Rycke (17 ans). Prévenus d’affrontements au fort d’Englos, l’équipe s’y dirige afin de secourir les blessés, allemands ou FFI sans distinguo. Ils tombent alors sur la patrouille allemande qui, les prenant pour des combattants FFI, les fusillent sans procès et les place dans une fosse commune. À Lambersart, leur absence est notée le soir même. Des équipes de recherches sont dépêchées. C’est le père d’une malheureuse victime qui les découvre à Englos.
La population locale décide de leur organiser des « funérailles grandioses », puis un comité de souvenirs est créé pour perpétrer leur souvenir. Enfin, une rue est baptisée de chacun de leur nom. Marcel De Rycke est le dernier à recevoir cet hommage en 1954.
Pour aller plus loin, nous vous invitons à découvrir les 2 tomes de "Lambersart, histoire de rues" aux éditions Walden, disponibles au Syndicat d'initative de Lambersart.










